Chroniques précédentes

L’éternel mythe de Sisyphe
2 juillet 2013
La route ou la rue
12 janvier 2013

La route ou la rue

12 janvier 2013

À l’ère de l’automobile et des déplacements terrestres rapides, il serait peut-être intéressant de faire un époussetage des notions relatives aux voies de circulation.

 

Voies rurales et interurbaines

Hors des villes et villages, on observe en premier lieu le terme route, qui possède une valeur générique pour désigner les voies de circulation non urbaines. On parle ainsi de l’entretien des routes, de la sécurité sur les routes, etc. D’une façon plus spécifique, la route est une voie, plus importante que le chemin, située hors des agglomérations. Donc, le chemin, lui, est une voie d’importance secondaire, assez sommairement aménagée, qui dessert une zone rurale.

Dominant ces structures, on trouve l’autoroute, route importante réservée aux véhicules automobiles, comportant deux chaussées séparées, chacune destinée à un sens de circulation, sans croisements ni passages à niveau. Avant l’avènement des autoroutes, les routes importantes, à deux voies ou plus, étaient dites en France routes nationales. Au Québec, ces routes étaient appelées grands-routes. Il semble que ce terme soit sorti de l’usage : on n’en trouve trace dans aucun dictionnaire, sinon sous « grand » dans Le Nouveau Petit Robert avec la mention « vieux ». On se contente habituellement, au Québec, de l’appellation générique. Exemples : la route 132, la route 116.

 

Voies urbaines

Du côté des villes, c’est le terme rue qui affecte une valeur générique, s’appliquant aux voies de circulation urbaine. Mais il n’est pas le seul nominatif en usage. L’avenue se distingue de la rue par la densité de sa circulation et son aménagement en conséquence. Le boulevard, pour sa part, désigne une rue très large à plusieurs voies, généralement séparées par un terre-plein, lequel est souvent planté d’arbres. On notera l’usage du terme artère, appliqué aux rues importantes d’une ville, mais qui ne sert pas de nominatif, contrairement à rue, avenue et boulevard.

Au Québec, on remarque, dans les nominatifs de rue, le mot chemin, subsistance historique d’une voie autrefois rurale. Exemples : chemin Queen-Mary, chemin de Chambly. Dans certaines banlieues qui se veulent cossues, on a emprunté à l’anglais le terme croissant pour désigner des rues dont le tracé rappelle plus ou moins la forme d’un croissant de lune. Cet usage est plus pédant que fonctionnel.

 

Termes connexes

Les rues et les routes ont en commun la chaussée, partie principale d’une voie publique, bordée par des trottoirs ou des bas-côtés. La chaussée est généralement recouverte d’un revêtement (pavement en anglais) pour la rendre facilement carrossable. Ce revêtement peut être d’asphalte, de béton, de bitume ou de pavés. Sous l’influence de l’anglais, on donne ici à “pavage” une valeur générique pour désigner tout revêtement routier. En français général, le terme pavage s’applique uniquement à un revêtement de pavés, pierres ou mosaïques1. Le terme anglais paved road devrait se rendre par route à revêtement.

 

Résumé

VOIES RURALES (par ordre d’importance croissante)

Chemin : Voie rurale, souvent en gravier ou en terre, qui dessert des zones agricoles.

Route : 1° Terme générique désignant les voies de communication hors des zones urbaines. 2° Voie rurale d’une certaine importance reliant villes ou villages.

Route nationale (France) : Désignation des principales voies rurales.

Grand-route (Québec, vieux) : Désignation des principales voies rurales.

Autoroute : Route importante, réservée aux véhicules automobiles, comportant deux chaussées séparées, chacune destinée à un sens de circulation, sans croisements ni passages à niveau.

VOIES URBAINES

Rue : 1° Terme générique désignant les voies à l’intérieur des villes et villages. 2° Voie urbaine reliant les diverses parties des agglomérations.

Avenue : Voie urbaine qui se distingue de la rue par la densité de sa circulation et son aménagement en conséquence.

Boulevard : Voie urbaine très large à plusieurs voies, généralement séparées par un terre-plein.

 

Référence

REY-DEBOVE et Alain REY (sous la direction de). 2007, Le Nouveau Petit Robert, Paris, Dictionnaires Le Robert, 2838 p.

 

Robert Dubuc

Le 12 janvier 2013

 



1 Cette question est approfondie dans Robert DUBUC, « Un pavé dans la mare », Au plaisir des mots, Montréal, Linguatech éditeur, 2008, p. 112-114.

Attention - Votre version d'Internet Explorer date d'au moins 12 ans et n'est plus compatible avec le site de Linguatech. Veuillez mettre à jour votre ordinateur pour une expérience optimale. Nous vous recommandons Firefox ou Chrome, ou encore ChromeFrame si vous êtes dans un environnement corporatif dans lequel vous ne pouvez pas mettre à jour Internet Explorer.

Vous utilisez présentement Internet Explorer 8, un navigateur web désuet vieux de 8 ans. Notre site peut ne pas bien fonctionner sur cette version. Pensez à mettre à jour votre navigateur : Firefox, Chrome, ChromeFrame.