Brouillage de transmission
Brouillage de transmission
Depuis quelque temps, on parle beaucoup dans les médias de la construction de « lignes de transmission » pour permettre l'exportation de notre énergie électrique vers les États-Unis. Faut-il s'étonner que nos communicateurs ne sachent pas que ces installations s'appellent lignes de transport?
Vérification faite auprès des terminologues d'Hydro-Québec, l'expression correcte pour désigner les installations qui permettent de faire passer l'énergie électrique d'un point à un autre sur d'importantes distances est bel et bien ligne de transport. Un petit contrôle supplémentaire sur Internet le confirme abondamment. À l'exception de quelques sites ontariens et québécois, on ne trouve nulle part « ligne de transmission » en ce sens. On aura compris que cet usage résulte d'une contamination directe de l'expression anglaise correspondante, transmission line.
Bien sûr, « ligne de transmission » n'est pas une absurdité. Les sens français de transmission n'auraient pas répugné à cette extension de sens. Mais, dans les faits, la transmission semble s'appliquer davantage à la communication d'un contenu qu'à un déplacement d'énergie. Ainsi des expressions comme transmission des données, transmission d'un spectacle à la télévision, transmission d'un télégramme sont d'un usage courant et dûment attesté. Le problème ne tient pas tant à une impropriété qu'à une dérogation à un usage bien établi et universellement appliqué. L'introduction d'un synonyme régional de ligne de transport ne peut être que facteur de confusion, une poignée de sable jetée dans l'engrenage de la communication.
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Le 4 janvier 2010