DUBUC, Robert, 2008, XX-208 p. Préface de Marie-Éva de Villers.
Broché, 15 x 23 cm, ISBN 978-2-920342-55-2, 26,95 $
Ce recueil réunit quelque cent trente chroniques, publiées de septembre 1997 à janvier 2007 sur le site Internet de Linguatech éditeur. Ces chroniques ont été motivées surtout par le plaisir des mots, stimulé par des événements de la vie quotidienne, des erreurs entendues ou lues dans les médias et des consultations de lecteurs. Elles n’obéissent donc à aucun plan préconçu.
Certains principes les inspirent cependant. La conviction qu’il n’y a d’avenir pour le français au Québec et au Canada que dans le rattachement au français utilisé dans le monde. Ce rattachement implique le respect d’une norme commune véhiculée par des dictionnaires utilisés dans la francophonie et par les grammaires d’usage, dont Le bon usage : Grammaire française de Grevisse qui, par sa démarche ouverte sur l’usage, pose des balises saines pour l’utilisation et l’évolution de la langue.
C’est dans cette optique normative, mais ouverte, que se situe la lutte de l’auteur contre l’anglicisme, qui constitue chez nous le principal facteur d’écart par rapport à la norme. Il faut distinguer, à cet égard, l’anglicisme de l’emprunt. Le premier prend souvent la forme de déviations sémantiques, inspirées du contact de la langue étrangère, ou de recours à des mots étrangers pour désigner des réalités déjà bien étiquetées en français. Notre français se trouve, en quelque sorte, parasité par la langue étrangère. L’emprunt, de son côté, cherche à combler une carence de la langue emprunteuse. Il s’agit alors de jauger les conditions d’acclimatation du corps étranger dans le fonctionnement du français.
Le troisième principe vise à promouvoir la rigueur dans la communication par le choix du mot juste, d’où les rajustements proposés à l’égard des déviations sémantiques non motivées, la distinction entre les éléments de familles synonymiques et la conscientisation nécessaire aux niveaux de langue, qui établissent le climat favorisant chez le récepteur l’appréhension et l’assimilation du message.
Fruit d’une observation perspicace des interactions entre le français et l’anglais, d’une longue et ardente fréquentation des mots et des usages du français au Québec par un témoin éclairé de notre culture, Au plaisir des mots peut se déguster à l’aveugle, au hasard des pages, ou de façon plus systématique. Quel que soit le mode de consultation, le recueil apporte toujours des réponses sages et limpides aux questions que se posent les francophones d’ici et constitue une éloquente « défense et illustration de la langue française » en terre d’Amérique.
MARIE-ÉVA DE VILLERS
En français dans le texte
Manuel pratique de terminologie
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