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Tweets et gazouillis pour des traductions qui chantent

Avant-propos

Preface by Grant Hamilton

There are so many ways that people use Twitter—to share what they’re doing, to say what they’re thinking, to tell others “what’s happening” . . . Twitter has stoked revolutions, it has ruined reputations, it has spread gossip and delivered breaking news. . . But the big question for me a few years back was “What can Twitter do for translation?” Answering that question led to this book.

At my workplace, information was (and still is) regularly shared back and forth between translators and editors. The more senior staff who review the work of the junior and intermediate translators often include notes and recommendations in the files they send back for final checking and delivery to clients. This feedback is vital to a translator’s training and professional development. The advent of Twitter, however, created an exciting new possibility—what if this two-way communication were multidirectional?

A light went on—I could collect all the words of wisdom our editors share with the translators, and reissue them as tweets. The translators could then follow our Twitter feed and gain the benefit of all the advice provided to their colleagues, not just the suggestions intended for them personally. As a side benefit, any translator anywhere—or for that matter, any person interested in English and the dynamics of how it interacts with French—could also follow the feed. And hundreds have!

In practice, there are limitations to the format. For instance it is very difficult to expound on finer points of style or grammar that require more detailed explanations. And while it is easy to convey general rules, there is often no room to list exceptions. There are advantages, too: the very brevity of the tweets spurs clarity of expression and makes them easier to remember.

Over time a picture has emerged of the broad sweep of challenges translators encounter. Each thorny issue, each unmasked gallicism, each point of grammar and punctuation is one more brick in an edifice of collective wisdom. The tweets have taken the day-to-day ponderings of professional translators and preserved them for the benefit of others.

Imitation being a form of flattery, I was delighted when my friend and colleague François Lavallée undertook the same exercise in French—same subject, same medium, but a different language and perspective. The result, I think you will concur, is stronger still. And today as we combine them together in this book, I hope you have as much enjoyment perusing them as we had putting them together.

 

Avant-propos de François Lavallée

Voilà déjà plus de six ans qu’a paru Le traducteur averti1. Depuis lors, on me demande régulièrement si un « tome II » s’en vient. Chaque fois, je réponds que oui, et même que ma liste de sujets est prête – ce qui est vrai.

Mais la vie étant ce qu’elle est, le tome II est toujours dans ma tête, et pas sur papier.

Lorsque Grant Hamilton m’a fait part de son idée de publier des conseils de réviseur sur Twitter – médium auquel j’étais déjà abonné à titre personnel –, j’ai tout de suite trouvé l’idée géniale. En effet, comme lui, je formule régulièrement, à l’intention de mes étudiants et des traducteurs que je révise, des commentaires et conseils qui, au fond, pourraient bénéficier à d’autres. Pourquoi ne pas en faire profiter le plus grand nombre? C’est ainsi qu’est né le fil Twitter @Magistrad_Plus, avec quelques mois de retard sur mon collègue. Nous avons ainsi pu former un tandem dont nous rêvions depuis longtemps, sans aucune contrainte pour nos emplois du temps et engagements professionnels respectifs.

Ce qui s’est avéré magique, c’est qu’alors que, depuis des années, je reportais à plus tard la mise par écrit d’un deuxième Traducteur averti en raison de l’envergure de la tâche (je m’avère incapable d’appliquer moi-même la moralité de la fable Samuel et le gâteau au chocolat2), j’arrivais grâce à Twitter à donner des conseils pratiques et concrets à des centaines de traducteurs en ne prenant chaque fois qu’une ou deux minutes pour les rédiger. D’ailleurs, cet exercice de concision extrême m’a permis de repousser les limites de cet art que j’avais déjà commencé à cultiver avec délectation dans la rédaction de mes nouvelles et de mes fables.

Je ne nierai pas ici le principal défaut de Twitter, souvent décrié : la contrainte du nombre de caractères fait que les gazouillis n’ont pas la profondeur des articles du Traducteur averti. Cette limitation a cependant une conséquence qui n’est pas pour me déplaire : elle court-circuite les argumentations de traducteurs, traditionnellement assenées à coups de raisonnements, de dictionnaires et de sources qui se contredisent parfois et ne sont elles-mêmes pas toujours dénuées d’arbitraire, pour obliger l’auteur du commentaire à assumer sa subjectivité. Autrement dit, l’argument absolutiste « c’est écrit là » cède la place à un début de dialogue : « Voici ce que je pense en deux mots, à vous de suivre la piste si vous le voulez ». Certes, le caractère lapidaire du gazouillis donne parfois plutôt l’impression de l’affirmation péremptoire, mais, de mon point de vue, la démarche consiste plutôt à ouvrir des portes, en espérant que mes lecteurs constatent d’eux-mêmes l’intérêt d’un truc ou d’une solution originale. L’absence de contexte rend sans doute la chose aléatoire : alors qu’un gazouillis mal compris risque de donner lieu à un rejet, on espère toujours – et c’est arrivé selon de nombreux témoignages – qu’un gazouillis arrive au bon moment et dans le bon contexte pour au moins quelques-uns de nos lecteurs à distance. C’est la magie d’Internet.

Ainsi, l’absence de développement peut déstabiliser les traducteurs qui cherchent sans cesse une règle indiscutable (et ils sont nombreux); mais c’est une déstabilisation saine, un nouvel espace vierge qui les amène plutôt à se responsabiliser, à s’interroger sur leur propre pratique et sur l’usage, et à considérer leurs prises de position et leur réflexion sur la langue comme un work in progress et non comme un ensemble figé de règles à apprendre et à faire respecter. En ce sens, ce qui peut être considéré comme une lacune par d’aucuns concorde exactement avec l’esprit dans lequel j’enseigne depuis des années, que ce soit à Magistrad, dans les formations internes d’Edgar ou à l’Université : donner des ailes, et non les couper.

Sans compter que, si limités soient-ils, les gazouillis ont pour le moment un avantage indéniable par rapport au Traducteur averti II : celui d’exister.



1. François Lavallée, Le traducteur averti : Pour des traductions idiomatiques, Montréal, Linguatech éditeur, 2005.

2. François Lavallée, Quand la fontaine coule dans la vallée, Montréal, Linguatech éditeur, 2007.

 

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