Le 13 juin 2008
Cher Monsieur Jean Delisle,
On vient de me prévenir du fait que le calendrier éditorial exige que votre livre paraisse sans ma préface. Il est vrai que je ne venais que de la commencer; mais j’avais pris le temps de lire très attentivement votre texte.
Je tenais au moins à vous dire tout le bien que je pense de votre ouvrage, qui a le mérite d’être à la fois pertinent pour l’histoire du domaine et sensible à l’aspect non seulement intellectuel, mais humain, social, voire culturel, de la démarche terminologique au Québec.
J’en ai été le témoin actif, grâce aux initiatives de mon grand ami Jean-Claude Corbeil, et j’éprouve beaucoup d’admiration pour les travaux d’autres amis, tels Pierre Auger, Robert Dubuc, beaucoup d’autres, qui m’ont aidé à comprendre tous les enjeux d’une « philosophie de la terminologie » pour une communauté culturelle, en général.
[...]
Votre livre est à marquer d’une pierre blanche, parmi toutes les tentatives de compte rendu d’une démarche scientifique et pratique – politique, en fait –, humaine et sociale, aboutissant à la création de ces métiers aussi essentiels que ceux du droit ou de l’enseignement : ceux de langagier et de terminologue, à côté de l’indispensable traducteur et du linguiste.
Très cordialement à vous,
 Alain Rey
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