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Les ongles vernis de noir la peau comme une passoire je défie la nuit Ma pâleur est proverbiale et mon silence, alourdi
Autour de moi, des tours cerclées d’oiseaux sinistres ma tête comme un trophée Que de noir pour tromper ma nuit
Dans mon cœur un lit de dérives des pas en cadence je danse désarticulée

Bouger pour ne pas mourir pour appeler par-delà les murs la vie qui se dérobe s’enfuit lièvre inquiet
Le temps a percé le mystère a creusé ses ravins dans mes reins J’ai traversé le pont vers nulle part
Est-ce l’amour cette chevauchée hasardeuse Les mots fuyants de mon amoureux paralysent l’avenir
Il ne savait pas pas plus que moi la détresse dans les mains le désir en laisse
Il ne savait pas l’attente terrifiante contenue dans cet instant

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