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« Regarde celui-là, n’est-ce pas le plus beau? » Ainsi parlait un jour, sur un ton arrogant, Un certain oisillon à son frère jumeau, Voyant du haut du nid, en bas parmi les glands, Oisif, juteux à souhait, un ver des plus tentants. « Tu vois que nos parents sont des incompétents! Ils vont chasser au loin, pendant qu’on les attend, Pour nous ramener quoi? Des avortons miteux Quand un morceau de roi est là droit sous nos yeux. J’y vais. – Mais tu es fou! dit l’autre. Au moins si tu avais Quelques plumes de plus sur tes ailes fragiles! Si tu veux être assez agile Pour te jeter en bas sans courir au trépas, Tu dois savoir voler! Ne précipitons pas : Tu veux prendre l’essor? Il faut d’abord l’apprendre Et fendre l’air à petits pas. – Je veux ce ver, je vais le prendre. Tu me fais rigoler avec tes vols oiseux! On ne fait jamais rien quand la crainte nous ronge. Regarde bien : je te l’enfile en moins de deux! » Il plonge.
Cinq ou six jours plus tard, l’autre oiseau, le peureux, D’un vol gracieux et sûr alla cueillir le ver Qui paressait encore auprès du téméraire Ou, plus exactement, de ses restes osseux. Le ver s’avéra savoureux. Voyant d’un œil à peine ému La carcasse frangine à l’audace immolée, Le jeune et sage oiseau mâchonna, bien repu : « Il ne l’a pas volé. »
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